Enfant, la vulnérabilité n’était pas une option pour moi.
A 1 an et demi, j’me suis retrouvée au beau milieu d’un lac, ma toute petite main essayant de se maintenir à la surface, comme pour m’accrocher à une brise de vent. « La gosse se noie ! » Repéchée de justesse par ma mère, j’ai survécu.
A 2 ans et demi, dans les années 80, la ceinture n’existait pas à l’arrière des voitures. Et encore moins dans la nôtre. Dans un tournant, un soir, ma mère s’est fait éblouir par le soleil, et nous avons percuté un mur en béton armé. Ma mère a eu la mâchoire broyée, ainsi que les deux genoux. J’ai survécu.
Aujourd’hui, on va apprendre à accueillir la vulnérabilité jusqu’à en faire une force qui donne tous les courages, et trouver la paix intérieure en dedans de soi.
Enfant, la vulnérabilité émotionnelle, ou même physique, n’était pas une option pour moi.
A 1 an et demi, j’me suis retrouvée au beau milieu d’un lac, ma toute petite main essayant de se maintenir à la surface, comme pour m’accrocher à une brise de vent. « La gosse se noie ! » Repéchée de justesse par ma mère, j’ai survécu.
A 2 ans et demi, dans les années 80, la ceinture n’existait pas à l’arrière des voitures. Et encore moins dans la nôtre. Dans un tournant, un soir, ma mère s’est fait éblouir par le soleil, et nous avons percuté un mur en béton armé. Ma mère a eu la mâchoire broyée, ainsi que les deux genoux. J’ai survécu.
A 5 ans, pour m’apprendre à faire du vélo, mon père m’a lâché dans une côte abrupte, juste devant notre maison. Des cailloux se sont tapé l’incruste dans ma chair, mais… J’ai survécu.
A 6 ans, pour m’apprendre à nager, il m’a balancée dans le fond d’une piscine olympique, là où il y avait 3 mètres de fond. « Nage ou crève ! » il riait avec ses potes. J’ai nagé en paniquant comme un petit chien. J’ai survécu.
Je pourrais continuer à énumérer les évènements traumatiques comme ceux-ci longtemps. Et je parie même que vous faites déjà la même tête désolée que celle que font tous les psys que j’ai consultés au cours de ma vie.
Pourtant, sans elle, je n’aurais pas survécu.
Enfant, lorsque je prenais la parole, il se passait 3 choses :
Soit on me sommait de me taire.
Soit on ne me croyait pas.
Soit on me demandait de mentir.
Je n’ai jamais réussi, grâce (ou à cause, à vous de choisir !) de ma neuroatypie, à me taire. Oh j’ai essayé, mais c’est plus fort que moi. Je n’ai jamais su la fermer. Même sous les coups, je répondais.
Pour les deux autres, j’ai appris à l’insu de mon plein gré, que lorsqu’on ment, que l’on pratique le mensonge par omission, ou bien qu’on embellit la vérité, les gens nous croient, et parfois même, c’est un gage de sécurité. Le mensonge peut nous mettre à l’abri. La vérité, plus abrupte, moins belle, ne plaît pas toujours. Et parfois même, elle peut nous couter cher, jusqu’à la vie.
« Si tu dis la vérité, nous allons tous aller en prison ! C’est ce que tu veux ? »
J’me suis donc pendant longtemps « inventé une vie ». Y’avait que des trucs cools dedans. Pas de drogues, pas de sexe, pas de rock and roll. Des conneries qu’on raconte quand on est enfant. Parmi ces mensonges qui m’ont sauvé les miches, j’ai notamment caché mon homosexualité jusqu’à mes 22 ans. De même que la plupart des trucs qui me différenciaient des autres. Et des trucs qui me différenciaient, y’en avait pléthore.
Mais une fois adulte, il est arrivé ce qui arrive toujours lorsqu’on vit à l’ouest de sa propre vie. Quand on « noie » toutes les émotions qu’on ne veut plus ressentir, on finit par ne plus rien ressentir du tout. Il m’a fallu traverser l’enfer.
J’ai oublié qui j’étais.
Ma propre vulnérabilité m’a percutée de plein fouet. Plus j’essayais de nager, plus j’avais le sentiment de sombrer au fond de l’eau. Tellement de secrets enfouis. Ils me submergeaient.
Ma gorge était nouée. J’avais le sentiment d’étouffer continuellement.
C’est pourtant à ce moment-là, juste avant qu’on survive tous à une pandémie mondiale, que m’est venue l’idée saugrenue de monter sur scène pour donner des conférences… Sur la vulnérabilité. (Vous avez le droit de rire lol)
Je venais d’engloutir toute l’œuvre complète de Brené Brown et ça m’avait fait du bien, alors je voulais le partager.
15 minutes sur scène. Standing ovation. Le public s’est levé comme une balle.
Ils applaudissaient, euphoriques. ils étaient à fond, et moi…
J’étais au fond.
Ma tête tournait. J’avais l’impression d’avoir tout raté. J’ai cherché à m’échapper, mais je n’avais aucune échappatoire. J’ai salué bizarrement. Imitant Céline Dion qui jete des cœurs à la foule.
Je n’ai pas vécu ces 15 minutes de la même façon que mon public ce jour-là.
Comme un oiseau fauché en plein vol, qui continue de planer tant bien que mal dans l’espoir d’aller se crasher quelque part pour crever.
Toute ma vie, j’avais essayé de correspondre à ce qu’on attendait de moi, fait tout mon possible pour garder la tête hors de l’eau. Garder le sourire. Sauver les apparences, et la mise de tout le monde. Mais je n’y arrivais plus.
Je suis sortie de cette scène, vide.
S’en est suivi une floppée d’étiquettes :
« Syndrome post traumatique complexe ». HPI. TDAH. Trouble anxieux-dépressif. Suspicion d’autisme. Fibromyalgie. Syndrome de fatigue chronique.
Quelques jugements.
“Alice Kara est finie ! C’est bon les gars ! La place est libre !”
Tout au long de ma vie, j’avais eu le sentiment de prendre trop de place, alors même que j’ai toujours, pour survivre, souhaité me faire toute petite.
Ce coup là, j’y suis arrivée.
J’ai disparu de la circulation.
J’me suis évanouie.
Je n’ai plus donné de signes de vie.
Jusqu’à effacer mes signes vitaux.
J’ai vécu les années qui ont suivi en mode apathique.
Alors que plus jeune j’avais parcouru le monde, et fait des millions de vues avec des vidéos et mon blog, mon monde se résumait à un fauteuil électrique pour les vieux, le frigo, les chiottes, et… La douche, quand l’air n’était plus respirable.
Mes interactions avec le monde se sont résumées à quelques amis triés sur le volets, et mes chats. Seuls à connaître la vraie moi.
Une coach surdiplômée, conférencière professionnelle ayant aidé des milliers de personnes dans le passé, mais pas foutue de se sauver elle-même.
Vulnérable, je l’ai été.
La face contre terre, je n’avais même plus envie de me relever.
Mais, comme Marie -Jeanne, la serveuse automate de Starmania (que j’ai interprété pendant des années) j’ai continué à chercher le soleil, au milieu de la nuit.
Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’à faire de me laisser piquer par des moustiques, j’en suis devenue un, et ça m’a poussé à chercher la lumière. (Je regrette déjà cette blague…)
Par acquis de conscience pour ne pas couler complètement la boite et le navire, j’ai continué un peu à publier de ci de là.
“Allumer une petite bougie vaut mieux que de maudire l’obscurité” comme dirait à peu près le presque Lao Tseu.
Même si d’apparence, j’avais l’air de rien fout’… J’ai passé mon temps à étudier.
Sans doute au départ pour essayer de me libérer de la culpabilité de rester callée au fond de mon fauteuil électrique… Puis par la suite pour essayer de redonner du sens à mon existence…
Personne ne m’attend vraiment sur aucun sujet, alors autant me lâcher et y aller à fond ! J’ai eu l’idée saugrenue de tenter le tout pour le tout et de me reconnecter à l’une de mes passions, la psychologie.
C’est le b0rdel partout dans le monde, l’humanité ne sait plus à quel saints se vouer, la guerre est à nos portes, et j’ai peut-être dans le cerveau une soluce qui permettrait d’apporter un peu plus de paix que d’ordinaire… Sur un malentendu, ça peut marcher !
Allons y à peu près gaiement.
Les Miss France ont prétendu vouloir le faire, mais on a pas vu de résultat. La place est libre pour que moi j’essaie ! Let’s go !
Ca fait 43 ans que je cherche à comprendre quelque chose à la psychologie de la nature humaine, collée aux bancs de la fac tout autant qu’en autodidacte, alors tant qu’à faire un truc, autant partager ce que j’ai appris au fil de mes recherches.
Tenter le tout pour le tout, dans un monde qui part en c0uilles, ça mange pas d’pain.
Stephen Hawking était aussi apathique physiquement, et il lui a suffit de cligner des yeux pour écrire et changer le monde. Why not me ?!
A l’insu de mon plein gré, j’ai été un outsider toute ma vie.
La meuf que personne n’attend, et qui sort de nulle part.
Sans aucune légitimité autre que celle que j’essaie d’assimiler à l’intérieur de moi pour oser partager mes élucubrations.
Tout est absurde, autant saisir l’opportunité !
Et qu’y a t’il de plus absurde que ma propre histoire ?
C’est ainsi qu’en m’enfilant toutes les saisons de The Orville, j’ai eu ma fameuse révélation.
Mon fameux éclair de génie complètement WTF.
Le genre de truc que tu te dis que ça n’arrive qu’aux génies, de type mâle cysgenre en pleine fleur du siècle des lumières, mais à mille lieux d’une Supergirl en mal d’amour pour elle-même.
La seule chose qui est sortie de ma bouche à ce moment là, c’est “Oh Pµtain de b0rdel de mirde”… Tous les points se sont mis à se connecter les uns aux autres, à la vitesse de la lumière. Genre Tony Stark dans Avengers Endgame, quand il comprend qu’il vient d’inventer le voyage dans le temps pour aller récupérer les pierres d’infinité.
… Et qu’il réalise qu’il ne va plus pouvoir rester dans son Ranch loin de tout s’il veut sauver l’humanité.
C’est parti d’un tout petit truc, et c’est devenu une révélation bien plus grande que moi.
J’ai eu l’impression d’avoir plié le game du developpement personnel, de la psychologie et de la spiritualité, et de l’évolution même de l’humanité.
Le point de départ de cette thèse, qui s’avère être aussi vaste que l’Univers, est simple :
Les travaux de Joseph Campbell, et son fameux parcours du héro ou monomythe, (qui prend corps dans toutes les histoires qui nous sont et ont été racontées depuis l’apparition de ce que nous appelons l’humanité), ont une influence colossale sur la psychologie et notre évolution en tant que société.
Inspirés par les héros de notre enfance, et les héros des histoires qu’on nous raconte, qu’on se raconte aussi à nous-même, nous modifions nos comportements de manière souvent complètement inconsciente… Et y’a moyen de le conscientiser.
De “s’auto thérapeutiser” en prenant exemple sur les parcours des héros que l’on affectionne particulièrement. En prenant exemple sur leurs valeurs, nous pouvons choisir de devenir les héros que nous avons toujours été destinés à être. Peu importe la vie que l’on choisit de mener. Nous avons un seul but. Commun. Jusqu’àlors resté caché.
Qui s’exprime comme une fractale, de l’infiniment petit, vers l’infiniment grand.
Le héros, ou l’anti-héro rebelle (DeadPool ou Jack Sparrow par exemple, pour ne citer qu’eux) commence par prendre de mauvaises décisions, ou des décisions plus ou moins douteuses, puis il apprend de ses erreurs, jusqu’à devenir une fameuse ”meilleure version de lui-même”.
Et, hasard ou coïncidence du storytelling moderne, la plupart du temps, vous pourrez le remarquer, dans n’importe quel contenu qui raconte une histoire, le héro s’avère être un “Captain”.
Soit les autres l’appellent comme ça, car c’est lui/elle/iel qui est aux commandes, soit il/elle/iel qui se retrouve responsable d’un équipage, d’un vaisseau, d’une famille, d’une maison, d’autres êtres vivants, ou simplement de lui-même.
Ce que nous sommes tous, en finalité.
Le fait même d’être vivant nous confère une certaine forme de pouvoir… et avec, la responsabilité qui incombe à notre propre vie. Tout du moins, mais aussi, selon le cours de nos histoires, d’autres vies qui dépendent, plus ou moins, de nos choix, pour vivre. Enfants, animaux, et toute autre forme de vie. Quelque soit sa forme.
C’est donc en mattant des séries, des films, et en lisant un nombre incalculable de bouquins de psychologie, que j’me suis rendue compte de paterns.
Des récurrences présentes dans les arcs narratifs des héros que l’on a tous gravés dans le cœur. De Yoda, en passant par Gandalf, Buffy, l’Univers de Marvel, la science-fiction, les Bisounours, mais aussi la théologie, les mythes et légendes.
Je me suis donc inspirée d’eux. Consciemment.
C’est une forme de thérapie, inspirée par cette prise de conscience, et comme à chaque fois, je suis en phase de tests. Sur moi, car on est jamais mieux servi que par soi-même lol
Je suis au service de l’humanité et du vivant, en tant que Captain, mais aussi au service de ma propre existence. Le Captain de ma propre âme.
(Je vous parlerai au fil des mes publications de ce fameux “Captain Way” qui mérite qu’on s’attarde dessus, même si j’ai parfois peur que cette révélation qui me fait tant de bien se fonde un peu dans la masse au milieu des autres plus de 500 formes de thérapie qui existent.)
J’ai acheté avec ma compagne une petite maison de hobbit à la campagne, où j’ai commencé un jardin en permaculture, et j’me suis lancée dans l’élevage de volailles, tout en sauvant des chatons abandonnés. J’ai même recueilli un petit rat sylvestre que j’ai nourri à la seringue toutes les 2h. Je me suis raccrochée au vivant. Pour survivre, une nouvelle fois. Sortir la tête de l’eau.
Imaginant, à chaque fois que j’étais vulnérable, une tripotée de héros inspirants, vivants, fictifs ou morts. Tous autour d’une table. « Comment aurait fait Maya Angelou pour gérer ça ? » , « Tony Stark ? », « Coluche ? », et moi ?
C’est ce que je dévoile au monde aujourd’hui dans mes conférences.
Bien sûr, je n’ai pas encore totalement cicatrisé. Lorsque j’allume ma caméra, ou que je prends la parole, je tremble.
Ça dure toujours quelques minutes, suspendues dans le temps.
Jusqu’à ce que la magie opère. L’empathie me donne tous les courages. Je deviens une héroïne.
La captain de mon âme, en paix, avec ma propre humanité.
Vulnérable, et courageuse à la fois.
Nous avons tous vécu le pire comme le meilleur. Les pires choses ont tendance à nous faire oublier ce qui fait, selon Piaf, la matière première du monde et nous donne tous les courages : L’amour.
Après avoir traversé le Mordor, et porté l’anneau, Frodo Saquet rentre chez lui.
Il n’est plus tout à fait le même, il a grandi. Sa mission est de transmettre.
De raconter son histoire. De faire en sorte que le monde se souvienne.
C’est ma mission aussi.
@ Bientôt quelque part 😉
Happy Captain Day à tous ici. <3
Ps : Voici quelques articles sympas pour continuer ta lecture, Captain !
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